1

Et s’ils avaient les poches vides ?

Autrefois réservée à de grands bienfaiteurs de la République, la légion d’honneur vient d’être décernée à un prince saoudien. Oh ce n’est que l’ultime épisode des nombreux tapis rouges déroulés devant des nations acheteuses, ce n’est qu’un compromis de plus affiché par nos sociétés devant le monde économique. Nos présidents sont devenus de super VRP qui rivalisent les uns, les autres pour décrocher des contrats. On part en Inde, en Chine, au Brésil ou au Moyen Orient puis on annonce fièrement à la presse les milliards gagnés, les tonnes de contrats engrangés ou espérés, le nombre de centrales, d’avions ou de chars commandés.  pile-of-euro-notes

Ce ne sont plus des visites diplomatiques mais des visites économiques, à coup d’Airbus bondés de chefs d’entreprises.

On nous dira que le chômage  fait des ravages en Europe et notamment en France. On nous dira que c’est la real politique et que si nous ne le faisons pas nos compétiteurs le feront à  notre place ; on nous dira que des milliers de postes sont en jeu. On nous dira qu’on exporte le savoir-faire industriel français. Sans doute avec raison. Mais quand même, ne pourrions-nous pas de temps en temps sortir du tout économique, du tout financier, du tout mercantile ?

Nos démocraties se grandissent-elles à porter le verbe haut, à faire parfois la morale aux « autres mondes », à s’enorgueillir sans cesse d’une kyrielle de valeurs formidables de justice, d’égalité ou d’autorité  tout en marchandant avec le premier venu qui a les poches un peu pleines ?

Antoine de Gramont (article publié sur Agoravox) 

Merci de partager ce billet d’humeur s’il vous a plu et de cliquer de temps à autre sur les annonces qui sont la seule ressource modeste de ce site. Merci de votre visite

One Comment

  1. Cette décoration est tout bonnement honteuse. Non seulement l’Arabie saoudite n’est pas une grande démocratie, mais encore elle est la cause de bien des maux dans le monde d’aujourd’hui, car c’est elle qui depuis des décennies répand le wahhabisme dans le monde entier. Et elle continue d’entretenir des liens troubles avec Daesh qu’elle a très largement soutenu au début de sa création. Le Bataclan n’aura rien changé : la politique étrangère de la France est rigoureusement la même qu’avant. Et on s’expose toujours plus au terrorisme. Lamentable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*